LA PAROISSE DE BOUGE SAINTE-MARGUERITE

 

La paroisse Sainte Marguerite de Bouge fait partie du doyenné de Namur Nord.

( extrait du site    ibelgique.ifrance.com/sm bouge /histoire.htm ) 

Géographiquement, Bouge, se divise en deux parties : Moulin-à-Vent, à gauche de la chaussée de Louvain et le "Vieux Bouge" à droite de celle-ci. Les nouvelles constructions érigées depuis la dernière guerre tendent à souder ces deux parties. On emploie l'expression "Vieux Bouge" pour désigner la paroisse Sainte Marguerite.

SAINTE MARGUERITE D'ANTIOCHE

La paroisse Sainte Marguerite s'étendait à l'origine* sur la partie de la commune de Bouge comprise entre la chaussée de Louvain et la route de Hannut. En fait, c'est principalement là que se trouvait autrefois le village. La section "Moulin-à-Vent" n'était alors qu'un écart très peu peuplé. Lorsqu'au siècle dernier, on construisit la maison communale et les écoles, les autorités locales, prévoyant sans doute une extension prochaine du village vers le Moulin-à-Vent, élevèrent leur bâtiment entre les deux sections, soit "en pleine campagne", ainsi que l'annonçait le guide de Namur édité en 1879.

* A l'heure actuelle, la limite se situe à la Rue de Coquelet.

Une chapelle dépendant de la paroisse Notre-Dame (Namur) existait déjà au 14e siècle et fut édifiée sous le vocable de Sainte Marguerite. Il s'agit de Sainte Marguerite d'Antioche, martyre à Antioche au 3 e siècle. Une statue en bois de cette sainte, de la seconde moitié du 15e, et provenant de l'église de Bouge, est conservée au musée diocésain de Namur. La statue polychrome se trouvant dans l'église est du 16 e siècle et a été restaurée en 1957 par les soins du chanoine Lanotte.

En 1713, cette chapelle de Bouge fut remplacée par un édifice plus important toujours appelé chapelle. Après maintes péripéties et après avoir dépendu aussi de la paroisse St-Nicolas, la chapelle de Bouge fut appelée église à partir de 1836 et devint une succursale indépendante. Elle fut érigée en paroisse en 1838. Cette ancienne chapelle devenue vétuste fut remplacée par l'église Sainte-Marguerite actuelle construite en 1870, à peu près au même endroit, mais dans une orientation différente. Elle contient encore le bénitier de la chapelle et trois anciennes pierres tombales du 16 e siècle.

bénitier datant du 16e siècle

L'église Sainte-Marguerite fut autrefois un lieu de pélerinage fort fréquenté. On venait y prier sainte Marguerite pour les futures mamans. Le curé de la paroisse distribuait des cordons bénits dont les femmes enceintes se ceingnaient les reins. Un pélerinage était fixé au 20 juillet. Le culte de Sainte Marguerite se répandit au temps des croisades.

Tableau peint vers 1691 - ne se trouve plus à l'église

Statue de Sainte Marguerite d'Antioche réalisée vers 1525

L'attribut de Sainte Marguerite est le dragon.

Le coq de l'église Sainte Marguerite

Vue latérale de l'église avec, sur le côté gauche, les bâtiments de l'école paroisiale Sainte Marguerite

Vue de l'intérieur de l'église avec, trônant sur l'autel, le nouveau coq qui, après avoir été présenté à la communauté le dimanche 19 décembre 1999, surplombe notre clocher depuis le 21 décembre 1999. C'est à l'occasion des travaux de réfection de l'entièreté de la toiture en novembre 1999, que l'église s'est vue dotée d'un coq flambant neuf.
Le maître autel Autel majeur avec en bas une très belle dernière scène.

Franz Vermeylen, 1876-1900

Le culte de sainte Marguerite d'Antioche ne commença à décliner qu'à partir de 1935. Il faut dire qu'à cette époque, une autre Marguerite vint s'installer non loin de là et faire à la première une sérieuse concurrence.

SAINTE RITA DE CASCIA

En effet, en 1935, les religieux de l'ordre de Saint Augustin venus des Flandres, d'Heverlée près de Louvain, vinrent se fixer dans un château ayant appartenu à la Baronne de Cartier, situé à quelques cents mètres de l'église Sainte Marguerite. Dans cette propriété, les pères Augustins, construisirent une chapelle accessible au public et y instaurèrent le cultre de Sainte Rita de Cascia.

Née en 1367 à Rocca Porréna en Italie, près de Cascia, Margarita, dite Rita fut mariée en 1385 à Ferdinando Mantini. Rien ne permet de croire, comme le raconte la légende, que Ferdinando était un ivrogne, bourreau de sa femme. D'après le père Trapp, Ferdinando devait, comme Rita, appartenir à la classe moyenne de l'époque. En effet, la législation en vigueur dans le pays interdisait les mariages socialement disproportionnés, ceci afin de garder les grandes propriétés aux mains des classes supérieures. Le mari de Rita fut assassiné en 1401. Nous ne connaissons pas les raisons de cet acte, les assassinats étaient malheureuserent monnaie courante à cette époque. Rita, qui avait vécu 18 ans avec lui , en fut profondérent affectée et continua seule à s'occuper de l'éducation de leurs deux fils qui devaient avoir environ 15 ans à ce moment. Rita craignait que ses enfants, entraînés par la psychose de vendetta de l'époque, ne veuillent un jour ou l'autre venger leur père et ne commettent à leur tour un meurtre. Elle redoutait aussi qu'ils ne soient également victimes d'un assassinat. Ils moururent cependant, tous les deux, de mort naturelle en 1402.

Rita avait perdu ses parents depuis longtemps, son mari et ses fils étaient morts. N'ayant plus la responsabilité de personne, elle réalisa l'idéal de sa, jeunesse : entrer en religion. Il y avait à Cascia plusieurs couvents de femmes. Rita choisit de demander son admission au couvent des Augustines car elle sentait que c'était là qu'elle pourrait réaliser le mieux son idéal.

Saint Augustin était né en 354 à Thagoste (Algérie) et mourut en 430. Son père était employé de l'Etat Romain, sa mère Monique était chrétienne. Fondateur de nombreux couvents où l'on mêle prières et études, sa pensée en fait un des grands docteurs de l'Eglise d'Occident. Rita, qui avait choisi un couvent suivant la règle des Augustins, mourut en 1447.

La béatification de Rita en 1628 et sa canonisation le 24 mai 1900 ont ratifié le verdict populaire, nous donnant l'assurance que Rita n'est pas un personnage de légende inconsistant. Le corps de Sainte Rita ne fut jamais enterré et est toujours en bon état de conservation dans un cerceuil de verre de la Basilique de Cascia.

Depuis la mort de la sainte, de nombreux pèlerins viennent continuellement la prier. Le culte de Sainte Rita s'est lentement répandu en Italie, puis dans le monde entier.                                        

Dans des vieilles caves voûtées sous la chapelle Sainte Rita à Bouge, les pères Augustins ont aménagé une crypte où l'on peut voir, réplique de celui de Cascia, un sarcophage transparent dans lequel repose une figure de cire de grandeur naturelle représentant la sainte.

Chaque année, le 22 mai, date anniversaire de sa mort, la ville de Cascia célèbre le Fête des Roses. Des milliers de roses sont offertes à celle qui n'ambitionna et ne connut guère ici-bas, que des épines. On prie Sainte Rita pour les causes difficiles et on l'a surnommée la " Sainte des causes désespérées " ou " Sainte Rita des Impossibles " 

Chaque année, la semaine du 22 mai, des pèlerins venant des quatre coins de la Belgique se rendent en pélerinage à Bouge. Et tout au long de l'année des pèlerins lui rendent visite.

Vue aérienne du site du couvent des Pères Augustins, prise fin des années 1980. Depuis lors des aménagements d'accès à la crypte ont été aménagés vers 1997.

La chapelle, construite en 1935, est en partie située sur l'emplacement des anciennes étables du château-ferme de la baronne de Cartier. Les caves situées en-dessous de la chapelle ont été conservées et transformées en crypte. La partie centrale fut aménagée en chambrettes et en maison d'accueil pour les pèlerins, ainsi que le grand corps de logis de forme très particulière (en carré, situé à droite).

 

Les Cloches de l'église Sainte Marguerite

A l'occasion des travaux d'entretien entrepris par la Société CAMPA de Tellin à la demande du Conseil de fabrique pour s'assurer du bon fonctionnement des cloches, il a été procédé au graissage des paliers et surtout au remplacement des gros boulons en acier assurant la suspension du battant de chaque cloche, et aussi du cuir de friction et de la feuille de nylon qui le protège, dont la fonction est d'amortir les vibrations pendant la volée de la cloche.

Et en ce mois d'octobre 2000 nous avons pu les revoir de près :

Le clocher comporte 2 cloches, l'une d'un diamètre de 70 cm et l'autre de 83 cm.

La plus petite est la plus décorée ; en plus d'une frise d'inspiration gothique, elle comporte 2 grandes armoiries et toute une série de silhouettes de saints dont Ste Marguerite mise en évidence mais aussi les inscriptions suivantes :

La petite cloche de l'église Sainte Marguerite

Parrain: P.J. SOMAL

Marraine: son épouse

Commune de BOUGES Ste Marguerite

Faite aux usines de Monsieur le Baron Alph. de ROSEE à MOULINS

par Henri MICHEL

1853

La grosse cloche est nettement plus dépouillée et ne comporte que le texte suivant :

Commune de BOUGE

Faite par les LAINVILLE

1838

Les archives de la paroisse ayant été détruites par les Allemands le 23 août 1914, lors de l'incendie du presbytère en même temps que d'une partie du village comme relaté sur le monument aux morts au pied de l'église, nous ne disposons d'aucune autre précision sur les braves commanditaires de ces cloches. Mais il est certain que celles-ci sont antérieures à la construction de l'église actuelle qui date de 1870 et qu'elles ont été destinées à l'origine, à la chapelle qui a précédé cette église.

L'année de construction de l'église apparaît dans l'épigraphe (ou chronogramme) gravé au-dessus de la porte d'entrée de l'église sous la forme suivante : DoMUs JesU ChrIstI JanUa Certa CoeLI. Pour rappel, cette inscription latine signifie La maison de Jésus Christ est la porte sûre du ciel. Il esst utile d'indiquer pour les non-initiés qu'il faut additionner la valeur des divers chiffres romains correspondant aux lettres numérales reprises en majuscules dans le texte pour connaître l'année de la construction. Sachant que M = 1000, D = 500, C = 100, L = 50, X = 10, U = V = 5, I = J = 1, on peut retrouver dans l'inscription, 1 M + 1 D + 3 C + 1 L + 3 U+ 5 J ou I soit au total 1870 !

QUI EST P.J. SOMAL MENTIONNE COMME PARRAIN SUR LA PETITE CLOCHE DE L'ÉGLISE ?

Grâce à Madame Bacchus et à quelques recherches aux Archives de l'État de Namur, nous avons pu trouver quelques renseignements.

Pierre Joseph SOMAL est né à Namur le 23 mai 1818 au Faubourg St-Nicolas, n° 19. Son père, François Joseph Somal s'était marié le 30 juin 1808 à Bouge avec Marie Joseph Hubertine HIGUET. Ils étaient domiciliés à Bouge. François Joseph Somal était « facteur de mines »*, un facteur étant un préposé ou mandataire ; commis préposé à la vente de certaines marchandises ou denrées. * D'un point de vue industriel, Bouge appartenait au gisement des mines de Vedrin et on y exploitait en même temps que le plomb, une mine de fer.

Pierre Joseph SOMAL s'est marié le 7 mai 1846 à Bouge avec Constance FERONT, née à Bouge le 16 février 1825, de Léonard Joseph Feront, maréchal-ferrant et Marie Joseph Vanlaert. A son mariage, Pierre Joseph a pour profession : « rentier ». Ensuite, aux naissances de ses enfants, il est dit « agriculteur ».

De ce mariage sont nés à Bouge trois enfants :

1) Hortense Alexandrine Joseph Constance, née le 10 janvier 1847

2) Lubin Honoré Joseph Marie, né le 12 février 1849

3) Anatole Alexis Constantin, né le 29 décembre 1851.

Pierre Joseph SOMAL est décédé à 83 ans et fut inhumé au cimetière de Bouge le 11 avril 1901. Mais selon Madame Bacchus, sa tombe n'existe plus depuis la fusion des communes et que le cimetière a été réaménagé.

Pierre Joseph SOMAL était donc agriculteur et possédait les terres de part et d'autre de l'actuelle rue Somal vers la rue des Tourterelles et la route de Hannut et redescendant bien bas vers Namur. Sa ferme était située dans le bas de la rue : à gauche, le corps d'habitation perpendiculaire à la rue, et à droite les dépendances et la grange (dans lesquelles a été aménagée la maison de M. et Mme Jean-Marie Noël - Anita Bacchus). Le père de Madame Bacchus, Monsieur Louette, a racheté les bâtiments en 1909 et c'est là que Madame Bacchus est née en 1912 et qu'elle a toujours vécu. Petite fille, Madame Bacchus accompagnait sa grand-mère au cimetière et elle se souvient qu'elle passait devant la tombe de Pierre Joseph Somal.

(2) Il s'agit très probablement des anciennes usines de cuivre de Moulins qui s'érigent dans la pittoresque et belle vallée de la Molignée, à 1 km du pont d'Yvoir, entre Namur et Dinant. Elles occupent une partie des propriétés de l'ancienne abbaye cistercienne de Moulins, jouxtant la ferme abbatiale et le château toujours occupé par la famille fondatrice des usines (càd les de Rosée). Ses activités se développèrent durant 150 ans dans la transformation du cuivre et du laiton. La grande spécialité fut la production de tôles de cuivre pour les foyers de locomotives à vapeur et la production de cloches. Les grandioses vestiges des usines permettent d'apprécier 2 siècles d'architecture industrielle.

Visitable lors des journées du patrimoine.

 

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